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Dec. 23rd, 2008

D

Ode à Grégoire Palamas par le Chœur Byzantin de Grèce



Feb. 1st, 2008

E

L'origine de la controverse palamite: la première lettre de Palamas à Akindynos (Chapitre 2)

Dans ses traités polémiques, Barlaam cite souvent les Pères orientaux, surtout les Cappadociens et St Jean Damascène, mais il trouve aussi le moyen de considérer St Augustin comme un adversaire de la «double procession».[1] On remarque parfois chez lui une influence directe de la «Mystagogie du Saint Esprit» de Photios, fait assez rare à Byzance, étant donnée la réputation d'humaniste et d'adversaire des moines que le grand patriarche du IXe siècle a gardé en Orient : cette influence est surtout sensible dans le traité I, suivant la numération de Fabricius reproduite dans Migne.[2]

Les bases de son raisonnement sont toujours formellement traditionnelles. Il écrit: «
Οἶμαι πάντας ἄν ὁμολογῆσαι τρία εἶναι, πρὸς δεῖ σκοπεῖν τὴν τῆς προκειμένης ὑποθέσεως ὁμολογίαν διαφωνίαν ἐν μὲν τὴν τῶν τριῶν προσώπων κατοὐσίαν ταυτότητα, δεύτερον δὲ τὴν προσωπικήν αὐτῶν διαφορὰν καί τρίτον τὰ ἐν τῇ θείᾳ γραφῇ περί Θεολογίας ρητά».[3] Ce principe général détermine le plan de l'ouvrage principal de Barlaam contre les Latins : les trois premiers traités défendent la doctrine grecque à partir des trois critères proposés,[4] le quatrième réfute la doctrine latine à partir de ces mêmes critères,[5] le cinquième affirme l'impossibilité de démontrer par voie de raisonnements aussi bien la doctrine latine, que la fausseté de la doctrine grecque[6] - point de vue qui provoquera l'indignation de Palamas,- le sixième enfin est consacré à la réfutation des principaux arguments latins, notamment la doctrine des «relationes».[7]

Le plus souvent, le Calabrais s'en tient au point de vue traditionnel à Byzance, affirmant la Monarchie du Père au sein de la Trinité, ne permettant de dépendance de l'Esprit par rapport au Fils que dans l'ordre de l’«
οικονομία» temporelle, n'admettant pas que le Fils soit appelé «ἀρχὴ» de l'Esprit dans l'ordre des processions éternelles et qu'il soit considéré comme une source de son existence divine.[8] Barlaam cherche également à ridiculiser la théorie «psychologique» d'Augustin, suivant laquelle le Fils et l'Esprit seraient, au sein de la Trinité, la raison et la volonté du Père : cette hypothèse inacceptable est d'après lui «le produit de je ne sais quelle imagination». Ιl défend fermement la conception personnaliste de la Trinité qu'il considère comme inconciliable avec la théologie trinitaire latine: «Ό μὲν γὰρ Υἱὸς καὶ Πατὴρ δύο εἰσὶ πρόσωπα τέλεια δὲ σοφία καὶ σοφὸς, οὔ. καὶ μὲν Υἱὸς, ὁμοούσιος τῷ Πατρί, δὲ σοφία τῷ σοφῷ οὐ».[9] Pour la même raison, il s'attaque à la doctrine des «oppositions de relation». Il admet que les Pères grecs voyaient dans les relations (τὰπρὸςτι) entre les Personnes un élément d'«opposition» entre Elles, mais cet élément n'est pas le seul qui différencie les Hypostases. «Ἐγώ δ' ὅτι μὲν εἰσὶ τίνες ἐν τῇ Τριάδι διακρίσεις, ἅς οὗτοι ἀναγάγοιεν ἄν ὑπὸ τὰ πρὸς τι, οὐ διοίσομαι αὐτοῖς, ἀλλὰ συγκεχωρήσθω. Ὅτι δὲ αὕται μόναι εἰσί, τοσοῦτον δέω συ μφάναι, ὥστε μὴ μόνον ἑτέρας φημὶ δείξεινἐν τῇ Τριάδι διακρίσεις, ἀλλὰ καὶ ἔτι πλείονας διακρίσεως δηλωτικὰς ἐκεῖνας ἅς φαςὶν εἶναι κατά τὰ πρὸς τι».[10]

Le Calabrais a donc bien découvert le point qui représente la véritable difficulté pour concilier les deux théologies trinitaires : «
Θωμᾶς μὲν οὐδένα τρόπον διαφοράς ἐν τῇ Τριάδι οἴεται εἶναι παρὰ τὸν κατά τὴν πρὸς ἄλληλα σχέσιν νοού μενον».[11] Il remarque aussi, en s'adressant aux Latins: «Ὑμεῖς μὲν οἴεσθε ἅπαν τὸ επί Θεοῦ λεγόμενον, οὐσίας δηλοῦν».[12] C'est donc dans l'essentialisme de la théologie latine qu'il voit l'origine des difficultés et cherche à maintenir les éléments qui, en dehors des relations, manifestent l'existence propre (τὸσυστατικὸν) des Hypostases, pour montrer que les relations ne déterminent pas à elles seules cette existence.[13]

Les constructions théologiques des Latins paraissent absurdes à Barlaam: «
Οὐδὲ τὸν αὐτὸν Θεὸν προσκυνεῖτε, ὅν οἱ Πατέρες διδάσκουσιν εἰ γὰρ οἱ μὲν Πατέρες Θεόν ἡμῖν παραδιδόασιν, οὗ γέννησις καὶ ἐκπόρευσις κατ' οὐδένα τρόπον ἐγνωσμένον νοούνται, οὐδ' αὐτοῖς τοῖς ἁγιωτάτοις χερουβίμ, ὑμεῖς δὲ Θεόν διδάσκετε και τρόπον προόδων καὶ Τριάδος, καὶ τοῖς βρέφεσιν οἷόν τε γινώσκεσθαι, θελήσεις τινὰς καὶ νοήσεις λέγοντες, δῆλον ὡς πάμπολυ ἄν διαφέρει οὖτος ἐκείνου Θεός».[14] C'est ainsi qu'il en arrive à attaquer les spéculations rationnelles des Latins au nom du principe apophatique qui, d'après lui, est la caractéristique essentielle de la pensée patristique : «Ἡμεῖς δὲ, οὖτοι, οὐ τοιαύτης προσκυνηταὶ Τριάδος, οἵα τῇ μακρᾷ ἀδολεσχία τοῦ Θωμᾶ ὑπόκειται καὶ τοῖς ἐκείνου ληρήμασιν, ἧς οὐδὲν ἄγνωστον τι) ἐκείνου φαντασία ὑπάρχει, ἀλλὰ ταύτην μὲν ἡγούμεθα εἶναι ἀνάπλασμα τῆς ἐκείνου κακοδαίμονος καὶ φαντασιώδους διανοίας Τριάδα δὲ ἡμεῖς προσκυνοῦμεν καὶ σεβόμεθα ἄρρητον, ἀκατανόητον, ἀπερίληπτον, ἀνεξιχνίαστον...».[15] C'est la prétention qu'avait Thomas d'appliquer la démonstration rationnelle à la théologie qui l'a amené à abandonner la tradition patristique et à soumettre la Trinité aux lois de la raison humaine.[16]

Barlaam s'élève ainsi contre le rationalisme de la pensée occidentale au nom de la théologie apophatique du Pseudo - Denis, dont il fût à Constantinople l'interprète attitré.[17] Malheureusement, le Calabrais lui même n'admettait aucune autre voie vers la connaissance de Dieu que celle de l'intellect et son insistance sur la théologie apophatique aboutissait pratiquement à l'agnosticisme en matière de théologie. Son argument principal contre les Latins porte donc - et il le reconnaît explicitement — contre les Grecs: les deux partis doivent admettre le caractère relatif, «dialectique», et par conséquent les spéculations théologiques qui les divisent, dans la mesure où celles - ci ne cadrent pas avec la lettre des formules patristiques. Dans ses arguments polémiques mêmes, il trouve ainsi une formule d'union sur la base du relativisme... Après avoir montré que «dialectiquement» les deux théologies étaient inconciliables, il cherche et trouve des formules qui leur permettraient de «coexister» en paix.


Notes

[1]ΚαὶἅγιοςΑὐγουστῖνος, ἐνβίβλῳπεντεκαιδεκάτῳπερὶτῆςἁγίαςΤριάδος, οὐχἅπαξἀλλὰπολλάκιςτὸΠνεῦματὸἅγιονκυρίωςκαὶἰδίωςφησὶνἐκΠατρὸςἐκπορεύεσθαι - Paris, gr. 1278, fol. 166.
[2]Nous retrouvons dans ce traité l'exégèse fort originale de Photios (Myst. 20 - PG Cil, 297-300) sur Jean XVI, 14: ἐκτοῦἐμοῦλήψεται, δηλονότιτοῦΠατρός (cf. Paris, gr. 1278, fol. 158). On y rencontre aussi le reproche de Sabellianisme adressé aux Latins à l'instar de Photios.
[3]Paris, gr. 1278, fol. 34.
[4]Voici leurs titres : 1) ὍτιὑποκειμένουἐκμόνουτοῦπρώτουαἰτίουτὸΠνεῦματὸἅγιονἔχειντὴνὕπαρξιν, οὐκἀναιρεῖταικατ' οὐσίανταυτότηςΠατρόςκαίΥἱοῦ. 2) ὍτιὑποκειμένουἐκμόνουΠατρὸςἒκπορεύεσθαιτὸΠνεῦματὸἅγιονοὐκἀναιροῦνταιαἱπροσωπικαίδιαφοραὶτῶντριῶνπροσώπων. 3) ὍτιὑποκειμένουἐκμόνουΠατρόςἐκπορεύεσθαιτὸΠνεῦματὸἅγιον, οὐκἀναιροῦνταιτὰπερὶΘεολογίαςρητά.
[5]ὍτιὑποκειμένουκαὶἐκτοῦΥἱοῦἐκπορεύεσθαιτὸΠνεῦματὸἅγιον, πολλὰτῶνὁμολογουμένωνἀναιρεῖταικαὶπολλοῖςρητοῖςτῶνἁγίωνἐναντίωςἔχειτοιαύτηὑπόθεσις.
[6]ΠρὸςτοὺςἀντιλογικοὺςτῶνΛατίνων, ὅτιαδύνατονἐστιναὐτοῖςπρὸςΓραικούςδιαλεγομένουςδιὰσυλλογισμῶνἀποδεῖξαι, ὅτιοὐμόνοςΠατήρἀρχὴκαὶπηγὴθεότητος.
[7]ΠρὸςτὰςκυριωτέραςτῶνΛατίνωνὑποθέσεις, ἐξὦνοἴονταιδεικνύναι, ὅτιτὸΠνεῦματὸἅγιονκαὶἐκτοῦΥἱοῦἔχειτὴνὕπαρξιν.
[8]Voir surtout les traités III et IV tout entiers (Paris, gr. 1278, fol. 5iv-64 et 64v-76). Dans le 5e traité, Barlaam condense bien sa pensée : ἡμεῖς, ὡςπολλάκιςκαὶἐντοῖςπροτέροιςλόγοιςδιωρισάμην, τὴνμὲνμεταδοτικὴνπρόοδοντοῦἁγίουΠνεύματος, τὴνπρὸςἡμᾶς, εἴτεἐπιφοίτησιν, εἴτεδιανομήν, εἴτεχύσινεἴτ' ἀποστολήν, εἴτ' ἀλλὁτιοῦντούτωνοἰκειότερονχαίροιτιςαὐτήνὀνομάζων, παράτεΠατρόςκαὶΥἱοῦὑπάρχεινὁμολογοῦμεντὴνδὲὑπαρκτικήνπρόοδον, οὐκἐστίπρὸςἡμᾶς, ἀλλὰκαθἑαυτήν, ἐκμόνουτοῦΠατρόςπιστεύομενἔχειντὸΠνεῦματὸἅγιον.- fol. 83v ; cp. fol. iiiv—112.
[9]Fol. 95v.
[10]Fol. 96.
[11]Fol. 131v.
[12]Fol. 138v.
[13]Fol. 132 v- 133, etc.
[14]Fol. 94v.
[15]Paris, gr. 1278, fol. 138. Barlaam attaque souvent et nommément Thomas d'Aquin: l'un de ses traités est même intitulé «ΚατάΘωμᾶ> (le No. X dans la numérotation de Fabricius Paris, gr. 1278, fol. 131v- I32v; voir aussi ff. 88, 141v, 143 - 146, etc.).
[16]Fol. 138v.
[17]Nicéphore Grégoras, Hist. XIX, i - éd. Bonn, II, p. 923.

Jan. 23rd, 2008

E

L'origine de la controverse palamite: la première lettre de Palamas à Akindynos

Jean Meyendorff 

Théologia
ΚΕ, Athènes 1954, p.603-613.

Chapitre 1

Nous avons eu récemment l'occasion de publier dans «
Θεολογία» (Tome 24, 1953, pp. 557 - 582) la troisième lettre que le grand théologien byzantin du XlVe siècle, St Grégoire Palamas, plus tard archevêque de Théssalonique, a adressé à son futur adversaire Akindynos à quelques mois du concile de 1341, où les deux thèses s'affronteront officiellement et qui verra la première victoire du Palamisme. Aujourd'hui nous revenons quelques années en arrière, vers un texte lui - aussi inédit qui nous place aux origines premières de la controverse.

Nous avons donné ailleurs[1] un bref historique des circonstances dans lesquelles la controverse a vu le jour, avec une analyse des documents qui s'y rapportent. En 1333 ou 1334, des légats romains, deux dominicains, François de Camerino, évêque de Cherson, et Richard, évêque du Bosphore, viennent à Constantinople entamer des pourparlers d'union avec l'empereur Andronic III Paléologue. Barlaam le Calabrais, officiellement chargé de parler au nom de l'Eglise grecque, rédigea un assez grand nombre d'ouvrages de polémique antilatine. A l’exception d'un seul, ils sont tous inédits.[2] Six d'entre eux forment un traité à part et constituent le prétexte de la présente lettre de Palamas.[3]

Le théologien hésychaste rédigea en même temps deux «
Λόγοι ἀποδεικτικοί, ὅτι οὐχί καί ἐκ τοῦ Υἱοῦ, ἀλλ' ἐκ μόνου τοῦ Πατρός ἐκπορεύεται τό Πνεῦμα τό ἄγιον»[4] que qui fût adopté par l'Eglise occidentale dans son ensemble. La théologie byzantine, au contraire, n'est jamais sortie du cadre trinitaire élaboré par les Pères Cappadociens. Son conservatisme rigide ne lui a généralement pas permis de concevoir une réponse bien constructive à la théologie latine, mais son opposition au «Filioque» fut néanmoins très nette.

Le raisonnement latin affirme à son point de départ que seule une relation d'origine peut constituer une distinction entre les Hypostases divines. Il en résulte que c'est bien d'une relation d'origine qu'il s'agit lorsqu'on distingue l'Esprit et le Fils. Cette conception, latente chez St Augustin, exprimée plus parfaitement par Anselme de Cantorbéry et développée dans le Thomisme, fut considérée par les Grecs comme une renaissance du Sabellianisme: les Personnes divines, en effet, y perdaient leur existence propre au profit d'une essence divine, au sein de laquelle les «oppositiones relationis» seules constituaient les distinctions entre les Hypostases. On connaît la formule anselmienne : «Nec unitas admittat aliquando suam consequentiam, ubi non obviât aliqua relationis oppositio».[5]

L'examen le plus rapide des traités antilatins de Barlaam nous fait aboutir à cette première constatation : le_Calabrais n’était en aucune mesure un représentant de la scholastique occidentale, comme l’on pensé certains auteurs.[6] Nous le voyons au contraire défendre le point de~vnîe orthodoxe' JtiadTfionriei. Ses oeuvres furent extrêmement populaires à Byzance et reçurent une très large diffusion : nous , les trouvons en effet dans un très grand nombre de manuscrits d'origines très diverses. Il a entre autres grandement inspiré Nil Cabasi-las, dans sa grande oeuvre contre la doctrine latine delà Procession, la plus importante qu'ait vu le Moyen - Age byzantin. Ce dernier répète
parfois mot pour mot les arguments, les citations de Barlaam.[7] L'ouvrage de Nil, d'autre part, a servi de source principale à l'argumentation des Grecs au concile de Florence,[8] ce qui n'est peut-être pas étranger au fait que le parti «humaniste» delà délégation ait finalement cédé aux conclusions latines, rejetées par le palamite Marc d'Ephèse.

Dans sa théologie de la procession, Barlaam déclare souvent suivre la doctrine des Pères qu'il assimile à une révélation divine indémontrable.[9] "
Ὣσπερ κανόσι, écrit - il dans le traité qui justement fait l'objet des critiques de Palamas, καἰ ὁμολογουμέναις ἀρχαῖς χρῆσθαι αὐτοῖς πρὸς τὴν τῶν ἐκάστοτε ζητουμένων δογμάτων εὓρεσιν, ὅσα δὲ οὔκ εἰσιν ἐπί ρητοῖς ἐν τοῖς λογίοις ἀποφανθέντα, οὐδ' ἄλλως ἐστί γνώριμα ἐπαναφέροντας αὐτὰ ἐπὶ τὰ ἤδη ὁμολογούμενα σκοπεῖν χρὴ, εἰ ἐκείνοις ὁμοφωνεῖ, καί τὰ μὲν συνάδοντα ἐγκριτέον, τὰ δὲ μὲ τοιαῦτα ἀποκριτέον.[10] Ἑκάστη τῶν ἀποφάνσεων, ὅσαι ἡμῖν περὶ τῶν θείων ὑπὸ τῶν ἁγίων ἀνδρῶν ἀπεφάνθησαν, ἀρχὴ καὶ ἀξίωμα.[11] Barlaam réitère sa fidélité absolue et aveugle aux Pères chaque fois qu'il veut se défendre contre les critiques de Palamas: τὰς τῶν λογίων ἀποφάνσεις, ὅπερ ποτ' ἔχουσιν, ἀποδείξεως πάσης ἀνώτερον τίθημι.[12]



Notes

 

[1] «Les débuts de la controverse hésychaste» — Byzantion, Bruxelles, 1954, i.

[2] Voir leurs titres dans Fabricius — Harles XI, p. 462 (PG. CLI, 1250 — 1252).

[3] Ce sont les No. II, III, IV, V, XVII et XVIII d'après Fabricius. La tradition manuscrite à peu près unanime les groupes en un seul tout (Paris, gr. 1257, 1278, 1308, 2751; Marc. gr. 152 et 153; Mosq. syn. 249 et 251; Vatic, gr. 1106 et mo; Matrit. gr. 4802, etc.). L'auteur lui-même les considère comme une seule «Πραγματεία» (Paris, gr. 1278, fol. 89v).

[4] Traités publiés à Constantinople en 1627 (cf. Legrand, Bibliographie hellénique du XVIIe siècle», I, pp. 234 - 237) et considérés à tort par M. Jugie comme datant de la fin de la vie de St Grégoire Palamas («Palamas»— Dict, de Théol. Cath., XI, 2, col. 1743).

[5] De proc. S.S. II - PL CLVIII, col. 288 C. Il nous est naturellement impossible d'évoquer ici le problème dans son ensemble. Nous renvoyons donc le lecteur aux ouvrages qui traitent de la question et qui sont assez nombreux. Deux conférences récentes de théologiens catholiques et orthodoxes ont tenté d'examiner le problème, dont ils ont réalisé l'ampleur et l'acuité. Des compte - rendus complets de ces deux conférences ont été publiés par deux revues catholiques: 1) Eastern Churches Quarterly VII (1948) — Supplement issue. 2) «Russie et Chrétienté», 1950, No 3-4. Les débats ont montré que les tentatives de concilier les deux doctrines comme celle de I. Chevalier («St Augustin et la pensée grecque. Les relations trinitaires» Fribourg— en—Suisse, 1940) n'ont pas amené à un résultat satisfaisant.

[6] S. Guichardan, « Le problème de la simplicité divine en Orient et en Occident aux XIVe et XVe siècles», Lyon 1933. p. 64 ; Tatakis « Histoire de la philosophie byzantine», Paris, 1949, p. 230, etc.

[7] L'ouvrage de Nil a été en partie publié par E. Caudal «Nilus Cabasilas et theologia S. Thomae de processione Spiritus Sancti> Studi e testi, 116 — Città del Vaticano, 1945. Nous avons relevé un grand nombre de parallélismes entre cette oeuvre et les traités inédits de Barlaam : voir notamment le titre de l'introduction de Nil — "Ὅτι ἀδύνατον ἐστι Λατίνοις συλλογισμοῖς χρωμένοις ἀποδεῖξαι ὅτι οὐ μόνος Πατήρ ἀρχὴ θεότητας, qui est également celui du traité XVII de Barlaam. Le parallélisme entre les deux auteurs a déjà été remarqué par Béssarion de Nicée, d'après lequel Barlaam aurait fourni à Nil des arguments scottistes contre la théologie thomiste (PG CLXI, col. I93 D - 196 A).

[8] Syropoulos— Historia vera unionis non verae — éd. Creyghton, Hagae - Comitis. 1660, III, 7, 50.

[9] Αἱ τῶν Πατέρων ἀναπόδεικτοι φράσεις τὸ κῦρος κατὰ πάντων ἐχέτωσαν. Paris gr. 1278, fol. 165v.

[10] Ibid., fol. 32V.

[11] Première réponse à Palamas — éd. Schiro, ASCL, 1936, I - II, p. 88.

[12] 2e réponse à Palamas (Marc. gr. 332, Fol. 128v — cf. fol. 133v, 136). Dans ses «Λύσεις εἰς τὰς ἐπενεχθείσας αὐτῷ ἀπορίας παρὰ τοῦ σοφωτάτου Γεωργίου του Λαπίθου (Inc.—Ἐν τοῖς πρώτοις περί...), une oeuvre inédite se trouvant dans le Vatic, gr. ino, fol. 8o-g4v, il affirme que les données de la révélation τὸν ἀνθρώπινον νοῦν ὑποκεῖσθαι ἀναγκάζει, ὥστε οὐδεμία ἀνάγκη τὰ ὑπὸ Θεοῦ γιγνόμενα περὶ Θεοῦ λεγόμενα ὡς συμφωνοῦντα ταῖς κοιναῖς ἐννοίαις ζητεῖν (fol. 93).

Aug. 18th, 2007

A

St. Gregory Palamas. Homily on the Transfiguration






St. Gregory Palamas.
Byzan­tine fresco. 
1371.
The house of prayer (Παρεκκλήσίον) of St. Unselfish persons.
Holy Monastery of Vatopedion, Holy Mount Athos


St. Gregory Palamas. Homily on the Transfiguration
 
For an explanation of the present Feast and understanding of its truth, it is necessary for us to turn to the very start of today's reading from the Gospel: "Now after six days Jesus took Peter, James and John his brother, and led them up onto a high mountain by themselves" (Mt 17:1).
First of all we must ask, from whence does the Evangelist Matthew begin to reckon with six days? From what sort of day be it? What does the preceding turn of speech indicate, where the Savior, in teaching His disciples, said to them: "For the Son of Man shall come with his angels in the glory of His Father," and further: "Amen I say to you, there are some standing here who shall not taste death, until they have seen the Son of Man coming in His Kingdom" (Mt 16:27-28)? That is to say, it is the Light of His own forthcoming Transfiguration which He terms the Glory of His Father and of His Kingdom.
The Evangelist Luke points this out and reveals this more clearly saying: "Now it came to pass about eight days after these words, that He took Peter and John and James, and went up the mountain to pray. And as He prayed, His countenance was altered, and His raiment became a radiant white" (Lk 9:28-29). But how can the two be reconciled, when one of them speaks definitively about the interval of time as being eight days between the sayings and the manifestation, whereas the other (says): "after six days?"
There were eight on the mountain, but only six were visible. Three, Peter, James and John, had come up with Jesus, and they saw Moses and Elias standing there and conversing with Him, so altogether there were six of them. However, the Father and the Holy Spirit were invisibly with the Lord: the Father, with His Voice testifying that this was His Beloved Son, and the Holy Spirit shining forth with Him in the radiant cloud. Thus, the six are actually eight, and there is no contradiction regarding the eight. Similarly, there is no contradiction with the Evangelists when one says "after six days," and the other says "eight days after these words."
But these twofold sayings as it were present us a certain format set in mystery, and together with it that of those actually present upon the Mount. It stands to reason, and everyone rationally studying in accordance with Scripture knows that the Evangelists are in agreement one with another. Luke spoke of eight days without contradicting Matthew, who declared "after six days." There is not another day added on to represent the day on which these sayings were uttered, nor is the day on which the Lord was transfigured added on (which a rational person might reasonably imagine to be added to the days of Matthew).
A

November 2009

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